
Hourra! Les bourses remontent, tout le monde est content. Ah! Si tout pouvait redevenir comme avant, ça en arrangerait plus d'un en haut lieu. Quelques effets d'annonce, et le tour serait joué?
Moi, je dis 700 milliards! Eh bien nous, en Europe, nous annonçons mille deux cents milliards!
La magie du direct ne doit pas nous faire oublier qu'une journée ou deux de reprise ne compensent pas des années de n'importe quoi. Il est temps, comme disait un patron de PME hier, que les banques
fassent leur métier : prêter aux vraies entreprises, qui ont un besoin en fonds de roulement.
Ce matin sur France Inter, le terrible Stéphane Guillon s'est fendu d'un billet d'humeur fleurant bon l'ironie d'antan.
Délectez-vous, que dis-je ; précipitez-vous sur le lien suivant :
http://www.dailymotion.com/video/k5rugZsBoMePTSNSNh
Amis stressés, n'hésitez plus : faites-vous manucurer aux frais de la princesse! L'Etat s'occupe de tout.
http://thinkprogress.org/2008/10/07/aig-luxury-retreat/
Moi, en tout cas, j'ai tiré à (noir et) blanc.
Il serait inutile de céder à la panique... Tout ceci ne durera pas longtemps.
Lorsque le conflit pas encore mondial s'est déclenché en 1914, les journaux annonçaient une guerre "courte, fraîche et joyeuse". On savait rigoler, à l'époque, dans les Rédactions.
Peu de temps après le crach boursier de 1929, le Figaro titrait quelque chose comme "Belle reprise à la bourse" pour rassurer le petit actionnaire.
Aujourd'hui la terminologie change chaque jour. Pendant des mois tout le monde a tout au plus admis un tassement de la croissance, puis une croissance zéro, qui céda la place à l'étrange
"croissance négative"... Mais "Récession", ah non. Pas de gros mots.
A présent, ne craignez rien, vos économies sont garanties par l'état. L'Islande est en faillite, le Mexique n'en est pas loin... Comment un Etat peut garantir quoique ce soit, quand il vit
lui-même à crédit? Gageons que l'euro nous protège quelque peu des turpitudes monétaires, c'est déjà ça. La France devrait se tenir à flot un moment.
Pour la petite histoire, la photo ci-dessus est ainsi décrite dans mon livre sur les Grands Photoreporters, aux éditions Gründ : "Nous sommes le lendemain matin de la bataille de Passchendaele.
Des fantassins australiens blessés se trouvent encore dans la boue, réclamant de l'aide. Cette photographie évoque presque un hommage à la Renaissance, montrant une scène de désastre
biblique. Hurley nous donne une image complète de la guerre: les hommes au premier plan, et le ciel menançant sur un paysage sinistre à l'arrière-plan. Hurley a vraiment photographié l'enfer sur
terre."
Le métier de photojournalisme est en péril... Quid de celui de journalisme, quand une seule voix résonne au son des dépêches officielles? Qui de la prise de risque pour appeler un chat un
chat?
Suivez l'actualité de près, recoupez vos sources, aussi triste soit la conjoncture. Bonne lecture!
J'aime la quétude qui s'en dégage. Qu'il est chou, ce chat!
par Gib.
publié dans :
Art de rue
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